Chapitre 2 - Les hauteurs eurent très tôt des occupants.
Les Collines, qui enserrent Combes, culminant parfois au-dessus de 400 mètres, furent, en ce qui concerne quelques-unes, habitées dès le plus haut Moyen-âge et sans doute bien avant, compte tenu de certaines découvertes.
Vers 1900, au cours de travaux, deux employés aux mines mirent au jour, au sommet du Bois Noir, outre la base circulaire d’un important édifice en brique, peut-être d’origine romaine, une hache en pierre polie, des débris de poteries, et quelques objets en bronze. En 1957, au cours d’un terrassement, M. François Girbal de Nauquieres eut la surprise de déterrer une hache de l’Age de la pierre polie, authentifiée quelques années plus tard. Ces découvertes seraient de nature à prouver que les Romains et les hommes du néolithique vécurent sur nos sommets.
Les deux hameaux qui paraissent les plus anciens sont Cadrés et les Escabrins, se faisant face de part et d’autre du sillon du Banel.
Cadrès porterait le nom du dieu gaulois de la guerre : Cadros, l’équivalent du dieu Mars romain. Le « cade » ou « cadre » (le genévrier en patois) est sans doute une origine à rejeter, car il n’y a jamais eu, chez nous, de ces arbuste en végétation spontanée. Quand à Escabrins, In Scabrinio avant l’An mille, consonance on ne peut plus latine, il devint Scabrins puis les Cabrins et, enfin, les Escabrins. De toute évidence, on y pratiquait l’élevage des chèvres, en des temps reculés.
Cadrès (altitude : 384 mètres) :
Disons tout de suite que Cadrès, ainsi que tous les hameaux de la parie orientale de la vallée, appartenaient depuis des temps immémoriaux à la paroisse de « Firmy », selon une limite allant, en les incluant, des Escabrins à la Martinie. Ils furent effectivement rattachés, hormis Sauguieres, à la paroisse de Combes qu’en 1913.
Parmi les signataires d’une transaction entre le Comte de Rodez et les coseigneurs d’Albin de 1275, figurait noble Guilhem de Cadrès. Cela accréditerait les dires de personnes dignes de foi m’ayant assuré que, dans le temps, un écusson et deux tête ciselées, celles du « Duc et de la Duchesse », ornaient le linteau d’une des portes de la plus vieille bâtisse.
Le « repaire » de Cadrès, sorte de maison forte ou tout au moins remarquable, appartenait en 1456 à Jean del Sailhenq, notaire, qui l’affermait à Guillaume Domergue. Sa veuve, Isabelle de Gros, vendit le domaine à Jean d’Adhemar, seigneur de Firmy, un descendant des nobles de Poux. Vers 1530, le chevalier Antoine de Rayssac était seigneur de Cadrès et au début du XVIIIème siècle, les registres de la taille faisaient état de la famille de Dominique Delsol qui fut représentée pendant des siècles.
Y vécurent de 1840 à 1846, outre les Delsol et les Fraux, les agriculteurs : Pradalie et Berthoumieu, les mineurs : Vaurs (venus de Privezac), Bessieres (St-Cyprien), Rivesaltes (Rodez), Caubet (Rieupeyroux), Garrigou (Bournazel), les Benazet et les Rozieres. En 1900, on y trouvait les Gardelle, les Andrieu et les Mouysset dont les ancêtres étaient issus du Trabosc. Compte tenu de ce que j’ai avancé plus haut, on appelait par dérision un Mouysset « le duc » et la dame Andrieu « la ducoune » (la petite duchesse…). C’est à Cadrès, que naquit au début du siècle Paul Mouysset, élu maitre de Firmi en 1971.
Les derniers occupants étaient les Pourcel qui furent contraints d’évacuer le hameau tombant en ruine, vers 1950. Il ne reste plus de l’ensemble des lieux que des pans de murs tapissés de lierre et emprisonnés par les ronces et les arbustes. A un endroit on devine un profond souterrain. D’après la tradition ou la légende, il s’agirait « d’oubliettes »… Au nord-est, dans le ravin, existe encore une sorte de tour cylindrique qui faisait, autrefois, office de cheminée. On brulait des fagots à sa base pour assurer la ventilation de la mine de Passelaygue, à Cransac.
Les Escabrins (altitude : 336 mètres) :
Au IXème siècle, il était question dans un document du « Mansus Constancia », c’est-à-dire la maison rustique du dénommé Constance.
Au XVème siècle, les Boudet et les Galtie y étaient laboureurs. Au XVIIème on retrouvait ces familles en compagnie des Bertrand, Rozieres, Lavaysse, Seguy. Au XVIIIème siècle, alors que l’on y était surtout vigneron, aux familles déjà citées étaient venues s’adjoindre les Laurens, Labade, Tauriac, Rouquette, Domergue, Valade, Albrespy ; puis pendant la Révolution de 1789 : les Achie, Eche, Garric, Rigaldies , Nicouleau et Malrieu.
Vers 1850, au début de l’époque charbonnière, on y dénombrait : des Boudet, Rouquette, Salabert, Viargues, Soulier, Oustry, Siscaut, Bosc (professions non précisées), Rigaldies (tisserand), Cahors, Goulesque, Lamic (agriculteurs), Tauriac, Laurens (vignerons), Tarayre (charpentier originaire de Rieupeyroux) et les travailleurs aux mines : Lemousy, Vidal, Priou, Pouget, Pomaret (ces deux derniers venus de Rieupeyroux), Soutoul (Conques), Alla (de la Lozere)…
Et puis, en 1900, c’était les Rigaldies, Laurens, Salabert, Jouanny, Delagnes, Guibert, Lescure, Boudet, Pomarede, Rieu, Soutoul, Pierre, Bony, Barre, Fabre, Aldias, Verdier, Costes, Pelou, Clot, Grezes ou Greges, Molieres, Delmas…
Ce hameau, dont on a peine à croire qu’il possédait deux épiceries dans un passé pas très éloigné, s’étend, de nos jours, sur le versant dominant le Banel. Il a eu les élus municipaux suivants : Tauriac (1835), Gustave Salabert (1925), Delfieu (1929), Pouget (1935), Denis Salabert, fils de Gustave (1971).
N.B. : Je m’en tiens, pour chaque élu, à l’année de sa première élection ou de son élection tout court, tout cela étant repris dans le fascicule : « Vie et turbulences communales ».
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